Mort de son chien ou de son chat : un deuil à part entière

Collier et laisse posés sur un panier vide près d’une fenêtre, lumière douce de fin de journée

Il était là chaque soir quand vous rentriez. Il connaissait vos humeurs, vos horaires, vos silences. Et puis un jour, la maison s'est tue. Depuis, vous pleurez plus que vous ne l'auriez imaginé, et une petite voix vous souffle que c'était juste un chien, ou juste un chat.

Le deuil d'un animal de compagnie est un vrai deuil. Le lien avec un chien, un chat ou tout autre compagnon fonctionne comme un lien d'attachement : une présence fiable, un réconfort sans jugement, une routine qui structure les journées. Quand ce lien se rompt, le chagrin peut être aussi intense que pour un proche.

Une étude publiée en 2026 montre que 7,5 % des personnes ayant perdu un animal présentent les critères d'un deuil prolongé. La plupart retrouvent un équilibre en quelques semaines ou quelques mois. Si la peine reste intacte au-delà de six mois, ou si la culpabilité envahit tout, un accompagnement aide à traverser cette perte.

Peut-être que votre entourage pense la même chose que cette petite voix. Sans le dire, ou en le disant maladroitement. Tu en reprendras un autre. Il avait bien vécu. Ce n'était qu'un animal.

Si vous vous reconnaissez, retenez d'abord une chose : votre peine est légitime. Le lien avec un animal de compagnie est un véritable lien d'attachement, au sens où les psychologues l'entendent. Quand il se rompt, le cœur et le corps réagissent comme face à toute perte importante.

La recherche va dans ce sens. Une étude publiée en août 2026 dans la revue Omega, auprès de 204 jeunes adultes, montre que notre façon de nous attacher, construite dès l'enfance, colore l'intensité de ce deuil. Les personnes à l'attachement sécure, comme celles qui ont appris à tenir leurs émotions à distance, peuvent vivre une peine très vive.

Pour les personnes qui vivent à l'étranger, la perte prend parfois une couleur particulière. Un animal confié à la famille lors du départ. Une fin de vie vécue à distance, au téléphone. Un compagnon qui était le seul repère stable dans un nouveau pays.

Dans cet article, je vous propose de comprendre ce qui se joue, de repérer les signes d'un deuil qui se complique, et de découvrir comment la thérapie peut vous aider à traverser cette épreuve, à votre rythme.

Le deuil d'un animal, un vrai deuil

En France, 61 % des personnes vivent avec au moins un animal de compagnie, selon le baromètre FACCO et Odoxa publié en 2024. Le pays compte plus de 75 millions d'animaux familiers. Chaque année, des centaines de milliers de foyers traversent donc la mort d'un chien, d'un chat, d'un lapin ou d'un oiseau.

Une enquête Harris Interactive menée pour Cetelem en 2021 montre que 93 % des Français considèrent les animaux de compagnie comme des membres de la famille. Que l'on en possède un ou non. Le chagrin qui suit leur disparition n'a donc rien d'excessif. Il suit la place qu'ils occupent.

En janvier 2026, le psychologue Philip Hyland, de l'université de Maynooth en Irlande, a publié dans PLOS One une étude sur 975 adultes britanniques. Pourquoi Docteur l'a largement relayée en France.

Parmi les personnes qui avaient perdu à la fois un animal et un proche humain, 21 % désignaient la mort de l'animal comme la perte la plus douloureuse de leur vie.

Plus frappant encore : 7,5 % des personnes endeuillées d'un animal remplissaient les critères du trouble du deuil prolongé. C'est une proportion comparable à celle observée après la mort d'un ami proche. Les symptômes, eux, étaient identiques à ceux d'un deuil humain.

Bien avant ces travaux, la psychologue québécoise Annique Lavergne, à l'université Laval, avait consacré sa thèse au deuil animal. Elle observait déjà que l'intensité du chagrin dépend surtout du niveau d'attachement à l'animal, bien plus que du genre ou de l'âge de la personne.

Pourquoi l'entourage minimise cette peine

En 1989, le psychologue Kenneth Doka a décrit ce qu'il a appelé le deuil non reconnu. Il désigne les pertes que la société ne valide pas, et pour lesquelles elle n'offre ni mots ni rituels. La mort d'un animal de compagnie en est l'exemple le plus cité.

Pas de faire-part, pas de condoléances, pas de congé. On attend de vous que vous soyez au travail le lendemain matin. Et si les larmes viennent devant un collègue, la gêne s'installe des deux côtés.

Une enquête iVOX pour Purina, citée en mai 2026 par le quotidien belge L'Avenir, résume bien ce décalage. Sept propriétaires sur dix se disent fortement affectés par la perte de leur animal. Seuls 39 % osent pourtant demander un jour de congé.

Les choses bougent un peu. En France, la ville de Suresnes a été pionnière en reconnaissant ce deuil pour ses agents, et une charte proposée en 2023 invite les employeurs publics et privés à faire de même.

Le sociologue Michel Fize a aussi levé un tabou en écrivant sur la mort de son chien Will. Il a confié que c'était le livre le plus difficile qu'il ait eu à écrire.

Ce manque de reconnaissance a un coût. L'étude de Philip Hyland rappelle que beaucoup de personnes en deuil d'un animal ressentent de la honte, de l'embarras et de l'isolement. Elles cachent leur peine, et la peine cachée dure plus longtemps.

Si vos proches ne savent pas comment réagir, vous pouvez leur transmettre ces repères sur comment soutenir quelqu'un en deuil quand les mots manquent. Ils valent aussi pour la perte d'un animal.

Ce que vous ressentez est normal : tristesse, culpabilité, vide du quotidien

Le deuil d'un animal touche des zones très concrètes de la vie. Voici ce que décrivent le plus fréquemment les personnes que j'accompagne.

  • Une tristesse qui surprend par sa force. Des larmes au supermarché devant le rayon des croquettes, dans la voiture, au réveil.
  • Le vide des routines. La gamelle qu'on ne remplit plus, la promenade du soir qui n'a plus de raison d'être, la laisse accrochée dans l'entrée.
  • Des perceptions trompeuses. Croire entendre ses griffes sur le parquet, le chercher du regard sur le canapé, sentir son poids sur le lit. Ces sensations sont fréquentes et sans gravité.
  • La culpabilité. J'aurais dû voir plus tôt. J'aurais dû rester plus longtemps. J'aurais dû choisir un autre vétérinaire.
  • La colère. Contre soi, contre le vétérinaire, contre les personnes qui ne comprennent pas.
  • Un soulagement mêlé de honte quand la fin de vie a été longue et éprouvante. Ce soulagement dit la fin d'une souffrance partagée, rien d'autre.
  • Un corps fatigué : sommeil haché, appétit en berne, difficulté à se concentrer.

Le chagrin ne suit pas une ligne droite. Il avance par vagues, avec des jours presque normaux et des matins où tout revient d'un coup. Ces moments ont un nom, décrit dans l'article sur les attaques de deuil. Ils ne signent pas un retour en arrière.

Ce que l'attachement dit de votre chagrin

Pour comprendre pourquoi cette perte fait si mal, il faut revenir à la théorie de l'attachement. Le psychiatre britannique John Bowlby l'a formulée dans les années 1960 pour décrire le lien entre l'enfant et les adultes qui prennent soin de lui.

L'animal comme figure d'attachement : présence fiable, réconfort sans jugement

Bowlby décrit une figure d'attachement à travers quatre fonctions. On cherche sa proximité. On se tourne vers elle quand on a peur ou qu'on souffre. Sa présence sert de base de sécurité pour explorer le monde. Et son absence provoque de la détresse.

Pour beaucoup d'adultes, un chien ou un chat coche ces quatre cases. Il vient vers vous quand vous pleurez. Il est là au retour d'une journée difficile. Il ne vous juge pas, ne se lasse pas, ne vous reproche rien. Sa réponse est fiable, jour après jour, pendant dix ou quinze ans.

Cette fiabilité compte énormément pour les personnes dont les liens humains ont été imprévisibles. L'article sur les 4 styles d'attachement explique comment ces premières expériences façonnent notre manière d'aimer. Un animal peut devenir le seul lien où l'on se sent en sécurité sans condition.

Le corps participe aussi. Caresser un animal apaise le système nerveux, ralentit la respiration et le rythme cardiaque. Quand ce contact disparaît, c'est tout un circuit de régulation quotidienne qui s'arrête.

Ce que montre l'étude de 2026 sur les styles d'attachement

L'étude publiée en août 2026 dans Omega par Sakshi Bisht et ses collègues, au département de psychologie de l'université de Chandigarh en Inde, a interrogé 204 personnes de 18 à 35 ans ayant perdu un animal de compagnie. Les chercheurs ont mesuré leur attachement à l'animal, leur style d'attachement et l'intensité de leur deuil.

Premier résultat, attendu : plus le lien avec l'animal était fort, plus le deuil était intense. Le second est plus surprenant. Le style d'attachement modifie ce lien, et pas toujours dans le sens qu'on imagine.

  • Attachement sécure. Il renforce le lien entre attachement à l'animal et intensité du deuil. Les personnes sécures, qui s'autorisent à aimer pleinement, souffrent donc davantage de la perte. Leur peine dit la qualité du lien, aucune fragilité.
  • Attachement évitant. Il intensifie lui aussi ce lien. Les personnes qui tiennent habituellement leurs émotions à distance peuvent être submergées quand le lien était important. L'animal était peut-être le seul être avec qui elles baissaient la garde.
  • Attachement ambivalent, ou anxieux. Il est associé à un deuil plus intense, sans modifier le lien entre attachement et chagrin.

Les auteurs restent prudents. Les effets observés sont modestes, et le style d'attachement n'est qu'un facteur parmi d'autres. L'étude porte sur un seul pays et sur de jeunes adultes, à partir de questionnaires. Elle ouvre une piste sans tout expliquer.

L'intensité de votre chagrin ne mesure pas votre fragilité. Elle mesure la place que cet animal occupait dans votre vie.

Quand cette perte réveille d'autres pertes

Un animal traverse une époque de votre vie. Le chat adopté l'année du divorce. Le chien de l'enfance resté chez les parents. Celui qui a dormi au pied du lit pendant les traitements, ou pendant la dépression.

Sa mort referme ce chapitre. Elle peut réveiller des deuils plus anciens, jamais vraiment traversés : un parent, une relation, une version de soi. Il arrive que l'on pleure pour la première fois, à travers l'animal, une perte qu'on n'avait pas pu pleurer à l'époque.

Si votre chagrin vous semble disproportionné, posez-vous cette question : qu'est-ce que cet animal représentait, au-delà de lui-même ? La réponse éclaire beaucoup de choses.

La famille face à la perte, un regard systémique

En thérapie systémique, on regarde la famille comme un ensemble où chaque membre occupe une place et remplit des fonctions. L'animal en fait partie, au sens propre.

Le rôle de l'animal dans l'équilibre du foyer

Dans beaucoup de familles, l'animal joue un rôle discret mais essentiel. Il détend l'atmosphère après une dispute. Il donne au couple un sujet de conversation commun quand le reste se tend. Il accompagne l'enfant qui passe d'une maison à l'autre après une séparation. Il donne une raison de sortir au parent retraité qui vit seul.

Quand il meurt, le système doit se réorganiser. Des tensions qu'il absorbait peuvent remonter à la surface. Et chacun vit le deuil à son propre rythme : l'un veut adopter un chiot dès la semaine suivante, l'autre ne supporte même pas l'idée.

Ces décalages créent des malentendus. Celui qui avance vite passe pour insensible. Celui qui pleure encore après trois mois passe pour excessif. En réalité, chacun avait son propre lien avec l'animal, et chaque lien se dénoue différemment.

Parler ensemble de ce que l'animal apportait à chacun aide beaucoup. Un rituel commun aussi : une photo, une boîte de souvenirs, un arbre planté dans le jardin. Il donne à la famille un moment partagé pour reconnaître la perte.

Parler de la mort de l'animal aux enfants

Pour un enfant, la mort de l'animal est la première rencontre avec la mort. La façon dont les adultes l'accompagnent laisse une trace durable.

Le site Pourquoi Docteur rappelle que c'est vers 6 à 9 ans que l'enfant comprend que la mort est définitive. Il peut alors ressentir tristesse, colère, culpabilité ou ennui pendant six à huit semaines. Les plus jeunes comprennent moins le caractère irréversible, mais ressentent pleinement l'absence.

  • Dites la vérité, avec des mots simples. Il est mort, son corps s'est arrêté de fonctionner, il ne reviendra pas.
  • Évitez il s'est endormi. Cette image peut faire naître une peur de s'endormir. Évitez aussi il est parti à la campagne : l'enfant finit par découvrir le mensonge.
  • Ne remplacez pas l'animal en secret. Le site Apprendre à éduquer le rappelle : c'est une fausse solution, qui prive l'enfant de son deuil.
  • Proposez un rituel. Un dessin, une lettre, une fleur plantée, un petit coin souvenir.
  • Montrez votre propre tristesse. Pleurer devant votre enfant lui apprend que le chagrin se partage.
  • En cas d'euthanasie, expliquez ce qui va se passer. Un enfant plus âgé peut choisir d'être présent ou non.

Les mêmes principes s'appliquent pour la mort d'un grand-parent. L'article sur les mots justes pour annoncer un décès à un enfant détaille ce qu'un enfant comprend à chaque âge.

Expatriés : un deuil vécu loin ou au moment du départ

Une grande partie des personnes que j'accompagne vivent hors de France. Le deuil d'un animal y prend des formes particulières, rarement évoquées.

L'animal laissé au pays

Au moment de partir, certaines familles doivent faire un choix douloureux. L'animal est trop âgé pour un long vol. La destination impose des démarches sanitaires lourdes. Le logement sur place ne l'accepte pas. Alors on le confie aux parents, à un frère, à une amie.

Le départ porte déjà une forme de deuil, avec une culpabilité diffuse : l'impression de l'avoir abandonné. Puis un jour, la nouvelle arrive par un message ou un appel vidéo. Vous n'étiez pas là. Vous n'avez pas pu le caresser une dernière fois.

Ce deuil à distance a quelque chose d'irréel. Rien ne change dans votre quotidien, puisque l'animal n'y était plus. Le chagrin peut alors arriver tard, ou rester suspendu. L'article sur le deuil quand on n'a pas pu dire au revoir aborde cette difficulté.

Quand il était le seul repère stable à l'étranger

À l'inverse, certains animaux suivent leur famille de pays en pays. Ils traversent les déménagements, les changements d'école, de langue, de travail. Au milieu de tout ce qui change, ils restent la seule constante.

Pour le conjoint qui a suivi une mutation, le chien structure les journées. Il crée les seuls échanges avec les voisins, au parc ou dans la rue. Sa mort laisse un vide immense, dans un pays où personne ne l'a connu.

S'ajoutent les complications pratiques : parler à un vétérinaire dans une autre langue, organiser une crémation selon des règles inconnues, rapatrier les cendres ou non. Et parfois, aucun proche à qui raconter sa vie, puisqu'il était là depuis le début de l'aventure.

Claire, 46 ans, vit à Singapour depuis six ans. Pistache, son épagneul, est arrivé avec elle de Lyon. Il a connu trois appartements, deux pays, l'arrivée puis le départ pour l'université de ses deux enfants.

Quand il est mort d'une insuffisance cardiaque, son mari était en déplacement. Elle a signé les papiers de crémation dans une langue qu'elle maîtrisait mal. Le soir, elle n'a appelé personne. Ses amies de Lyon ne connaissaient Pistache qu'en photo.

Trois mois plus tard, elle ne sortait presque plus. Le parc où elle le promenait était devenu impossible. En séance, nous avons d'abord mis des mots sur ce que Pistache portait : la continuité d'une vie déracinée plusieurs fois. Puis nous avons regardé ce que son départ réveillait, notamment le nid qui s'était vidé l'année précédente.

En hypnose, Claire a retrouvé d'autres images que celles de la clinique. Pistache sur la plage de Sentosa, Pistache dans la neige du Vercors. Elle a recommencé à marcher le matin, sur un autre chemin.

Situation composite, construite à partir de consultations et modifiée pour préserver l'anonymat.

Si vous vivez à l'étranger, l'article sur la thérapie en visio depuis l'étranger répond aux questions pratiques sur l'accompagnement à distance.

Votre animal vous manque chaque jour, et personne autour de vous ne semble comprendre ?

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Quand le deuil se complique

La plupart des personnes traversent ce deuil sans aide spécialisée. Le chagrin s'adoucit, les souvenirs deviennent plus tendres que douloureux. Mais pour une minorité, la peine reste intacte, parfois pendant des années.

Les signes qui doivent alerter après plusieurs mois

La classification internationale des maladies de l'OMS décrit le trouble du deuil prolongé à partir de six mois après la perte. Officiellement, ce diagnostic ne s'applique qu'à la mort d'une personne. L'étude de Philip Hyland montre pourtant que les mêmes symptômes existent après la mort d'un animal, avec la même intensité.

Plusieurs signes, quand ils persistent au-delà de six mois, justifient de consulter :

  • un manque intense, presque physique, chaque jour ;
  • une difficulté à accepter la mort, comme si elle restait irréelle ;
  • l'impression qu'une partie de vous est morte avec lui ;
  • l'évitement de tout ce qui le rappelle, ou au contraire l'impossibilité de toucher à ses affaires ;
  • un retrait social, une perte d'intérêt pour ce qui vous plaisait ;
  • une culpabilité qui tourne en boucle ;
  • un quotidien qui ne reprend pas : travail, sommeil, alimentation.

Sécurité, à lire attentivement

Si vous avez l'envie de rejoindre votre animal, ou des pensées de mort, n'attendez pas. En France, appelez le 3114 (prévention du suicide, gratuit, jour et nuit), le 15 ou le 112. À l'étranger, composez le numéro d'urgence local.

Euthanasie, accident, décision difficile : le poids de la culpabilité

La culpabilité est le sentiment qui complique le plus ce deuil. Et il prend une forme particulière quand il a fallu décider.

L'euthanasie est une situation unique. Vous avez choisi le jour, l'heure, parfois même le moment où le vétérinaire a fait l'injection. Après coup, les questions arrivent. Était-ce trop tôt ? Trop tard ? Aurait-il pu vivre encore quelques semaines heureuses ?

Ces questions sont presque toujours injustes. Vous jugez une décision passée avec des informations que vous n'aviez pas, et sans l'épuisement de ces jours-là. Les psychologues appellent cela le biais rétrospectif. Choisir d'épargner une souffrance à un être qu'on aime est un acte de soin, même quand il déchire.

Après un accident, la culpabilité se fixe sur un détail : la porte restée ouverte, la laisse détachée, le produit laissé à portée. Le cerveau rejoue la scène pour trouver ce qui aurait pu changer l'issue. Cette recherche épuise, et elle ne trouve jamais de réponse apaisante.

La culpabilité est le signe d'un lien d'amour et de responsabilité. Elle a besoin d'être entendue, sans être crue sur parole. Les mécanismes décrits dans l'article sur deuil et culpabilité valent aussi pour la perte d'un animal.

Comment la thérapie peut vous aider

Consulter pour la mort d'un animal n'a rien de ridicule. Je reçois régulièrement des personnes qui s'excusent dès la première minute d'être là pour ça. Elles repartent souvent soulagées d'avoir enfin été prises au sérieux.

La thérapie systémique permet de replacer cette perte dans votre histoire et vos relations. Ce que l'animal représentait. Ce que sa mort réveille. Ce qui se joue dans le couple ou la famille depuis son départ.

Quand la perte a été brutale : apaiser d'abord le corps

Un accident sous vos yeux, une mort subite, une agonie difficile. Certaines images restent gravées et reviennent en boucle, la nuit ou au détour d'une rue. Le corps reste en alerte : sursauts, sommeil haché, gorge serrée.

Dans ces situations, le travail commence par le corps. Il s'agit d'aider le système nerveux à sortir de l'alarme, par la respiration, l'ancrage, la sécurité de la relation thérapeutique. Ce n'est qu'ensuite, une fois stabilisé, que l'on revient au souvenir lui-même.

L'hypnose ericksonienne pour retrouver des souvenirs apaisés

Après une fin de vie difficile, les derniers instants peuvent recouvrir dix ou quinze ans de vie commune. On ne revoit plus que la table du vétérinaire, le dernier regard, le corps immobile.

L'hypnose ericksonienne aide à rouvrir l'accès aux autres souvenirs. Les promenades, la chaleur contre vous, les bêtises qui faisaient rire. Elle permet aussi de construire un lien intérieur apaisé avec l'animal, une présence que l'on garde en soi sans qu'elle fasse mal.

Votre conscience reste présente tout au long de la séance, et vous gardez la main. Si vous vous demandez comment cela se passe concrètement, l'article sur le déroulement d'une première séance d'hypnose ericksonienne répond à la plupart des questions.

Un accompagnement en visio, où que vous viviez

Je consulte exclusivement en visio, pour les francophones en France et partout dans le monde. Pour un deuil animal, ce cadre a un avantage discret : vous parlez depuis chez vous, là où il vivait, parfois avec sa photo à portée de main.

Quelques séances suffisent parfois pour dénouer la culpabilité ou retrouver des souvenirs apaisés. La page psychothérapie en ligne détaille le déroulement des consultations.

Questions fréquentes sur le deuil d'un animal

Combien de temps dure le deuil d'un animal ?

Il n'existe pas de durée normale. Pour beaucoup de personnes, la peine la plus vive s'apaise en quelques semaines à quelques mois, avec des retours par vagues aux dates anniversaires. Si le chagrin reste aussi intense au-delà de six mois et empêche de vivre, il s'agit peut-être d'un deuil prolongé, qui gagne à être accompagné.

Est-il normal d'avoir plus de peine que pour un proche ?

Oui. Dans l'étude de Philip Hyland publiée en 2026, 21 % des personnes ayant perdu à la fois un animal et un proche humain jugeaient la mort de l'animal plus douloureuse. Le lien avec un animal est quotidien, sans conflit ni jugement. Sa perte touche donc des zones très intimes.

Faut-il reprendre un animal rapidement ?

Il n'y a pas de règle. Certaines personnes ont besoin d'une présence rapidement, d'autres de plusieurs mois. Le repère utile : accueillir un nouvel animal pour lui-même, et non pour effacer le précédent. Si le foyer compte plusieurs personnes, attendez que tout le monde se sente en mesure d'ouvrir ce nouveau chapitre.

Comment surmonter la culpabilité après l'euthanasie ?

Rappelez-vous que vous jugez votre décision avec des informations que vous n'aviez pas à l'époque. Choisir d'éviter une souffrance est un acte de soin. Parler de ces derniers jours avec le vétérinaire peut aider. Si la culpabilité tourne en boucle depuis des mois, un travail thérapeutique permet de l'apaiser.

Peut-on consulter un psy pour la mort de son animal ?

Oui, et cette démarche est de plus en plus courante. Le chagrin après la mort d'un animal peut atteindre des niveaux cliniques, comparables à ceux d'un deuil humain. Consulter est particulièrement utile si la perte a été brutale, si elle réveille d'autres deuils, ou si elle vous isole.

Comment expliquer la mort du chien ou du chat à un enfant ?

Avec des mots simples et vrais : il est mort, son corps ne fonctionne plus, il ne reviendra pas. Évitez de dire qu'il s'est endormi ou qu'il est parti. Laissez l'enfant poser ses questions, proposez un rituel comme un dessin ou une fleur plantée, et montrez-lui que vous aussi êtes triste.

Que faire quand son animal meurt alors qu'on vit à l'étranger ?

Donnez-vous le droit de vivre ce deuil, même s'il semble irréel à distance. Un rituel aide : allumer une bougie à l'heure de sa mort, demander une photo de l'endroit où il repose, écrire une lettre. Si l'isolement pèse, une thérapie en visio offre un accompagnement en français, où que vous viviez.

Mon autre animal semble triste : est-ce possible ?

Oui. Plusieurs études, dont une de l'université d'Oakland sur les chats relayée par Futura Sciences, décrivent des changements de comportement chez les animaux survivants : recherche d'attention, appétit modifié, cris. Maintenir ses routines et lui accorder du temps l'aide à retrouver ses repères.

Sources

  • Pourquoi Docteur. Deuil : la perte d'un animal de compagnie peut être aussi douloureuse que celle d'un proche, 2026.
  • Hyland, P. No pets allowed: Evidence that prolonged grief disorder can occur following the death of a pet. PLOS One, 21(1), janvier 2026.
  • Bisht, S., Jain, N., Chauhan, M., Maurya, R. The Human-Pet Bond and Grief: Attachment Style as a Moderator after Pet Loss. Omega, août 2026.
  • FACCO et Odoxa. Baromètre 2024 des animaux de compagnie en France, communiqué de presse, mai 2024.
  • Harris Interactive pour Cetelem. La place des animaux domestiques au sein des foyers, septembre 2021.
  • Della Mora, M.-G. Le deuil animalier, une douleur encore trop peu reconnue. L'Avenir, 19 mai 2026.
  • Charte pour une reconnaissance du deuil animalier par les employeurs publics et privés, septembre 2023.
  • Lavergne, A. Travaux de doctorat sur le deuil d'un animal de compagnie, École de psychologie, université Laval. Et Lavergne, A., Dumont, Y. Le deuil de mon animal de compagnie, éditions Petit Homme.
  • Pourquoi Docteur. Comment expliquer à un enfant la mort de son animal de compagnie.
  • Apprendre à éduquer. Annoncer la mort d'un animal de compagnie à un enfant, 2024.
  • Doka, K. J. Disenfranchised Grief: Recognizing Hidden Sorrow. Lexington Books, 1989.
  • Bowlby, J. Attachement et perte. PUF.
  • Organisation mondiale de la santé. CIM-11, trouble du deuil prolongé (6B42).
  • Futura Sciences. Les chats peuvent vivre une forme de deuil après la perte d'un compagnon.

À propos de l'autrice
Laetitia Prat est une thérapeute ayant plus de 20 ans d'expérience, pratiquant la Psychothérapie systémique et l'Hypnose ericksonienne. Elle accompagne anxiété, estime de soi, burn-out, deuil, relations toxiques, PMA et après-cancer. Elle exerce en consultation visio partout en France et dans le monde pour tous les francophones.


Cet article a une visée informative et ne remplace pas un accompagnement personnalisé. Si vous traversez une période difficile, parlez-en à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé mentale. En cas de détresse immédiate ou d'idées suicidaires, le 3114 est joignable gratuitement à toute heure et tous les jours.

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