Comment se déroule une première séance d'hypnose ericksonienne ?

Fauteuil confortable dans une pièce lumineuse et calme, cadre d'une première séance d'hypnose ericksonienne
Une première séance d'hypnose ericksonienne en visio dure entre 45 et 60 minutes et se compose de quatre temps : un entretien pour comprendre votre situation, la définition d'un objectif précis, la phase d'hypnose, puis un échange sur ce qui s'est passé. Vous restez conscient(e) du début à la fin, vous entendez tout, et vous pouvez interrompre la séance à tout moment. À distance, la caméra reste allumée pendant la transe, et l'écran cesse d'exister pour vous dès les premières minutes.

Deux appréhensions se superposent quand on envisage une première séance d'hypnose à distance. Celle qui concerne l'hypnose elle-même, alimentée par une image publique construite par le spectacle plutôt que par la clinique. Et celle qui concerne l'écran : comment un état de détente peut-il s'installer devant un ordinateur, dans son propre salon, avec quelqu'un que l'on voit dans une fenêtre.

Cet article décrit le déroulé complet d'une première séance en visio, ce que l'on ressent pendant la transe, ce que la recherche établit sur l'hypnose et sur la thérapie à distance, et ce qui se passe dans les heures qui suivent.

1. L'hypnose ericksonienne, au-delà de son image de spectacle

L'hypnose ericksonienne porte le nom de Milton Erickson, psychiatre américain qui a exercé jusqu'aux années 1980. Sa proposition tenait en une idée : l'état hypnotique est un fonctionnement mental ordinaire, que chacun traverse plusieurs fois par jour, et le rôle du thérapeute consiste à en faire un espace de travail plutôt qu'un moment de flottement.

Vous avez déjà connu cet état. La lecture qui vous absorbe au point de ne plus entendre la pièce autour de vous. Le trajet en voiture dont vous ne gardez aucun souvenir précis. Les minutes passées à regarder par la fenêtre pendant qu'une pensée se déroule toute seule. L'attention se resserre sur un point et se relâche sur le reste.

L'hypnose de spectacleL'hypnose ericksonienne en thérapie
Sélectionne les personnes les plus suggestibles du publicS'adapte au fonctionnement de la personne qui consulte
Vise un effet spectaculaire immédiatVise un changement durable, travaillé sur plusieurs séances
Le sujet exécute des consignes directivesLe thérapeute propose, la personne accepte ou refuse
Amnésie théâtrale mise en scèneSouvenir conservé de la quasi-totalité de la séance
Le contrôle semble transféré à l'hypnotiseurLe contrôle reste entièrement du côté de la personne

L'hypnose ne vous endort pas. Elle déplace votre attention.

2. Ce que dit la recherche

Deux questions distinctes se posent : l'hypnose correspond-elle à un état identifiable, et la thérapie à distance produit-elle les mêmes résultats qu'en cabinet. Les travaux disponibles apportent des éléments sur les deux.

L'état hypnotique est visible en imagerie cérébrale

Les travaux de David Spiegel et de son équipe à l'université de Stanford ont comparé l'activité cérébrale de personnes très réceptives à l'hypnose en état hypnotique et hors de cet état. Trois modifications ressortent : une baisse d'activité dans une région associée à la conscience de soi en tant qu'observateur, un renforcement du lien entre le cortex préfrontal et l'insula, qui traite les signaux corporels, et un découplage entre le contrôle exécutif et le réseau du mode par défaut, celui qui s'active quand l'esprit vagabonde. Autrement dit, l'attention se concentre pendant que l'autocritique se met en retrait.

L'usage clinique est documenté depuis longtemps

À l'université de Liège, l'équipe de Marie-Elisabeth Faymonville a développé et documenté l'hypnosédation en chirurgie, pratiquée sur plusieurs milliers d'interventions, avec une réduction des doses d'anesthésiants et des suites opératoires plus courtes. En France, l'Inserm a publié en 2015 une évaluation de l'efficacité de l'hypnose qui reconnaît un intérêt établi dans le syndrome de l'intestin irritable et en anesthésie, et des résultats encourageants mais moins solides sur d'autres indications. Cette nuance est honnête, et elle vaut d'être rappelée : l'hypnose est un outil utile, pas une réponse universelle.

Ernest Rossi et les rythmes naturels de l'attention

Collaborateur d'Erickson, Ernest Rossi a relié l'état hypnotique aux rythmes ultradiens, ces cycles d'environ 90 à 120 minutes qui traversent la journée et se terminent par une phase de baisse de vigilance. Cette lecture explique pourquoi l'accès à la transe est plus aisé à certains moments qu'à d'autres, et pourquoi une séance en fin d'après-midi se déroule souvent différemment d'une séance en début de matinée.

La psychothérapie à distance produit des résultats comparables

C'est l'un des points les mieux établis de la littérature depuis une quinzaine d'années. Les méta-analyses comparant les prises en charge psychothérapeutiques en visioconférence et en présentiel ne mettent pas en évidence de différence significative sur les résultats cliniques, ni sur la qualité de l'alliance thérapeutique, cette relation de travail qui reste le meilleur facteur prédictif de réussite d'une thérapie, toutes approches confondues. L'hypnose repose sur la voix, l'attention et la relation. Aucun de ces trois éléments ne demande une présence physique.

Repères bibliographiques

  • Jiang H., White M., Greicius M., Waelde L., Spiegel D., Brain Activity and Functional Connectivity Associated with Hypnosis, Cerebral Cortex, 2017.
  • Faymonville M.E. et coll., travaux sur l'hypnosédation, Centre Hospitalier Universitaire de Liège.
  • Inserm, Évaluation de l'efficacité de la pratique de l'hypnose, rapport d'expertise, 2015.
  • Rossi E.L., The 20 Minute Break, sur les rythmes ultradiens et la transe commune quotidienne.
  • Porges S.W., théorie polyvagale, sur les conditions de sécurité nécessaires à l'engagement social.

3. Préparer sa séance à distance

C'est le seul point où la visio demande davantage que le cabinet. En consultation, le cadre est fourni : une pièce dédiée, une porte fermée, aucune interruption possible. À distance, ce cadre, c'est vous qui l'installez. Dix minutes de préparation suffisent.

Votre installation avant la séance
  • Un fauteuil ou un canapé avec un appui pour la tête. Le lit est à éviter pour une première séance : le corps y bascule trop facilement vers le sommeil.
  • Un casque ou des écouteurs. C'est l'élément qui change le plus le confort : la voix devient enveloppante au lieu de venir des haut-parleurs de l'ordinateur.
  • L'ordinateur posé sur une surface stable, à hauteur de regard, plutôt que sur les genoux. Le téléphone tenu à la main ne convient pas.
  • Une couverture légère à portée de main. La température corporelle baisse pendant la transe.
  • Téléphone en mode silencieux, notifications de l'ordinateur coupées, animaux dans une autre pièce.
  • Une pièce où personne n'entrera pendant l'heure et demie qui vient. Prévenez les personnes présentes au domicile.
  • Un verre d'eau, et vingt minutes de battement après la séance, sans réunion ni trajet à enchaîner.

Deux choses qu'il n'est pas nécessaire de préparer : votre détente et vos réponses. Arriver tendu(e) ne compromet rien, et vouloir bien faire est plutôt un frein. Notez simplement, sans les rédiger, deux ou trois situations concrètes qui vous ont amené(e) à consulter. Des exemples récents valent mieux qu'une analyse générale.

4. Le déroulé complet, étape par étape

Voici la structure d'une séance de 60 minutes, format le plus courant pour un premier rendez-vous. Les durées varient d'une personne à l'autre, les proportions restent stables.

1 2 3 4 Accueil 15 à 20 min Objectif 10 à 15 min Transe 20 à 30 min Retour 10 min Votre histoire, vos questions Ce que vous voulez changer Yeux fermés, caméra allumée Échange et suite du travail
  1. L'accueil et l'entretien clinique

    La séance commence par une conversation, les yeux ouverts, comme n'importe quel rendez-vous en visio. Vous racontez ce qui vous amène, depuis quand, ce que vous avez déjà tenté. Le thérapeute pose des questions sur le contexte : votre sommeil, votre travail, vos relations, votre santé, les traitements en cours. Cette phase situe la difficulté dans votre vie réelle, et pas seulement dans un symptôme isolé.

    Un point pratique est réglé ici : que faire en cas de coupure de connexion. La règle habituelle est simple. Si la liaison se rompt pendant la transe, vous ouvrez les yeux et vous vous reconnectez, ou le thérapeute vous rappelle au téléphone. Le savoir à l'avance évite le petit fond d'inquiétude qui empêcherait de lâcher.

  2. La construction de l'objectif

    L'hypnose fonctionne mal sur une intention floue. Vouloir aller mieux ne donne aucune direction utilisable. Le thérapeute vous aide à transformer une plainte en objectif observable : dormir sans me réveiller à trois heures, prendre la parole en réunion sans que ma voix tremble, entrer dans le service d'oncologie pour mon examen de contrôle sans que la panique monte dans la voiture.

    Cette étape produit fréquemment le plus de clarté, avant même la transe. Elle vous fait passer de ce qui ne va pas à ce que vous voudriez à la place. C'est aussi à ce moment que se repèrent les demandes qui relèvent d'un autre travail : quand un épuisement installé apparaît derrière la demande, les signes qui précèdent le burn-out orientent vers une prise en charge plus large que quelques séances ciblées.

  3. L'induction et la phase d'hypnose

    Vous vous installez confortablement, le dos soutenu. Le thérapeute vous propose de fermer les yeux, puis guide votre attention vers des éléments concrets : le poids de votre corps sur le siège, le rythme de votre respiration, les sons de la pièce, la température de vos mains. À distance, l'induction s'appuie davantage sur les repères corporels et sonores de votre propre environnement, ce qui la rend souvent plus ancrée qu'en cabinet.

    La voix ralentit. Les phrases deviennent plus larges, moins directives. Puis vient le travail proprement dit : selon l'objectif, il peut s'agir d'installer une sensation de sécurité corporelle, d'explorer une image qui revient, de vous projeter dans la situation redoutée avec une autre réponse émotionnelle, ou de laisser émerger une solution que la partie consciente ne trouvait pas.

    La caméra reste allumée. Le thérapeute observe votre respiration, la couleur de votre visage, les micro-mouvements des paupières et des mains, et ajuste son rythme en conséquence. Vous, vous avez les yeux fermés : l'écran disparaît de votre expérience dès les premières minutes.

    Le retour se fait progressivement, sur trente secondes à deux minutes : reprise du mouvement des doigts, étirement, ouverture des yeux.

  4. Le temps d'échange final

    Vous racontez ce que vous avez vécu, ce qui vous a surpris, ce qui a été inconfortable. Ces retours orientent les séances suivantes. C'est aussi le moment où sont éventuellement proposés un exercice d'auto-hypnose simple, ou un point d'observation à noter dans la semaine. Certains exercices d'ancrage sont fréquemment donnés à ce stade, parce qu'ils prolongent le travail entre deux rendez-vous.

5. Ce que l'on ressent pendant la transe

Les sensations varient d'une personne à l'autre, et d'une séance à l'autre chez la même personne. Certaines reviennent avec régularité.

Le corps

Lourdeur, ou au contraire impression de légèreté. Fourmillements dans les mains. Baisse de la température. Parfois une envie de déglutir, ou de petits mouvements involontaires des paupières.

Le temps

Une distorsion presque systématique. Vingt-cinq minutes de transe sont fréquemment estimées à dix minutes par la personne qui en sort.

L'attention

Vous entendez la voix en continu, mais aussi le bruit d'une voiture dehors, sans que cela vous dérange. Le fil des pensées habituelles se relâche.

Les émotions

Une détente inhabituelle, parfois de l'émotion qui monte sans prévenir. Des larmes en séance ne signalent aucun problème, elles font partie du processus.

Ce dernier point demande une précision. Les larmes qui arrivent sans que l'on comprenne pourquoi sont un phénomène connu et documenté, y compris en dehors de tout contexte thérapeutique : c'est le mécanisme décrit dans pleurer sans raison apparente, une décharge différée d'une charge accumulée. En séance, cette décharge est simplement accompagnée.

Observation clinique. Une phrase revient régulièrement à la fin de la première séance : j'ai tout entendu, donc je crois que ça n'a pas marché. C'est précisément l'inverse. Entendre est le fonctionnement normal de l'hypnose thérapeutique. Les personnes qui s'attendaient à une perte de conscience sont désorientées par le fait d'avoir gardé le fil, et concluent trop vite. Ce qui compte se mesure dans les jours suivants, pas au ressenti immédiat.

6. Les questions propres à la visio

Elles reviennent presque à chaque premier rendez-vous. Voici les cinq principales.

Est-ce que l'écran ne va pas me distraire

Les yeux se ferment dans les premières minutes de l'induction. À partir de là, votre expérience est entièrement sonore. La plupart des personnes rapportent avoir totalement oublié le dispositif technique.

Le thérapeute voit-il vraiment ce qui se passe

Un cadrage buste et visage donne accès à l'essentiel : rythme respiratoire, tension du visage, teint, mouvements des mains. Ce sont les mêmes indices qu'en cabinet, à quelques centimètres près.

Et si la connexion coupe

Vous ouvrez les yeux et l'état se dissipe de lui-même, exactement comme un endormissement léger interrompu. La procédure de reprise est convenue avant la séance. Aucun risque de rester bloqué(e) dans un état quelconque.

Est-ce que la relation se crée aussi bien

C'est la crainte la plus fréquente, et la recherche sur l'alliance thérapeutique à distance est plutôt rassurante. Beaucoup de personnes se livrent même plus vite depuis chez elles, sans salle d'attente ni trajet de retour à affronter.

Est-ce vraiment confidentiel

La séance passe par une plateforme sécurisée, sans enregistrement. Le point de vigilance est de votre côté : une pièce fermée, et un casque plutôt que des haut-parleurs si d'autres personnes sont au domicile.

Cela convient-il à tout le monde

La visio est adaptée à la majorité des situations. Elle est particulièrement pertinente pour les personnes éloignées, expatriées, à mobilité réduite, ou pour qui se rendre dans un lieu de soin est en soi une épreuve, comme après un parcours médical lourd.

Ce dernier cas est loin d'être marginal. Pour quelqu'un qui traverse l'appréhension des examens de contrôle après un cancer, franchir la porte d'un cabinet situé près d'un hôpital peut réactiver précisément ce sur quoi le travail porte. Consulter depuis son salon supprime cet obstacle.

7. Les six craintes les plus fréquentes

Perdre le contrôle

L'état hypnotique ne suspend ni votre jugement ni votre volonté. Une suggestion contraire à vos valeurs est simplement rejetée. Vous pouvez à tout instant ouvrir les yeux, poser une question, ou dire que vous souhaitez arrêter.

Ne pas être réceptif

La quasi-totalité des personnes accèdent à un état hypnotique exploitable. L'intensité varie, mais l'efficacité thérapeutique ne dépend pas d'une transe spectaculaire. Un état léger suffit dans la majorité des situations.

Révéler malgré soi

Vous gardez le contrôle de ce que vous dites, exactement comme dans une conversation. Beaucoup de séances se déroulent d'ailleurs sans que vous ayez à parler. Aucun mécanisme ne force une confidence.

Ne pas se réveiller

Aucun cas documenté. L'état hypnotique se dissipe de lui-même si le thérapeute cesse de parler, comme un endormissement léger dont on émerge naturellement.

Être manipulé(e)

L'approche ericksonienne repose sur la permission plutôt que sur l'injonction. Les propositions sont formulées de façon ouverte, laissant à chaque instant la possibilité de ne pas suivre. Votre système nerveux reste juge de ce qu'il accepte.

Revivre un souvenir difficile

Une première séance ne va pas chercher un souvenir traumatique. Elle installe d'abord des ressources de stabilité. Le travail sur la mémoire émotionnelle vient plus tard, quand la fenêtre de tolérance est suffisamment large.

Ces craintes ne sont pas irrationnelles : elles traduisent une vigilance qui a servi à quelque chose. Chez les personnes dont le système nerveux est resté longtemps en alerte, la méfiance envers un dispositif où l'on ferme les yeux devant quelqu'un est cohérente. La théorie polyvagale décrit bien ce point : aucun état de détente ne s'installe tant que le système nerveux n'a pas évalué la situation comme sûre. C'est la raison pour laquelle l'entretien précède toujours la transe, et non l'inverse.

Un premier échange de 30 minutes permet de poser vos questions et de vérifier si l'approche vous convient, sans engagement.

Réserver un premier entretien gratuit

8. Après la séance : les heures et les jours suivants

La sortie de séance produit un état particulier, comparable à celui qui suit une longue sieste. En visio, un écueil précis se présente : la tentation de retourner immédiatement à ses mails, puisque l'ordinateur est déjà ouvert. Fermez-le et accordez-vous vingt minutes.

Ce qui est fréquemment rapporté dans les 48 heures
  • Une fatigue agréable le soir même, avec un endormissement plus rapide
  • Un sommeil plus continu la nuit suivante, ou au contraire des rêves plus nombreux
  • Des micro-changements de comportement remarqués par l'entourage avant de l'être par soi-même
  • Le retour d'un souvenir ou d'une idée sans lien apparent avec la séance, quelques jours plus tard
  • Parfois, une journée où l'émotion est plus proche de la surface

Ce dernier point s'anticipe en séance. L'hypnose remet en mouvement des choses qui étaient figées, et le relâchement peut d'abord faire remonter ce qui était contenu. C'est particulièrement vrai après une relation toxique prolongée, ou lorsqu'une anesthésie émotionnelle s'était installée comme protection. Le retour des sensations est un signe de reprise, même s'il est inconfortable sur le moment. Cette phase est transitoire.

9. Combien de séances faut-il prévoir

L'hypnose ericksonienne s'inscrit dans une logique de thérapie brève. La question posée au démarrage n'est pas combien de temps allez-vous venir, mais à quoi reconnaîtrons-nous que le travail est terminé.

Type de demandeOrdre de grandeurCe qui allonge
Peur ciblée, examen, prise de parole, sommeil récent3 à 5 séancesUn enjeu vital ou professionnel imminent
Anxiété installée, gestion du stress, confiance en soi6 à 10 séancesUne histoire ancienne derrière le symptôme
Épuisement, suites de burn-out, période de reconstruction10 séances et plusUne situation de vie encore active
Traumatismes multiples, dissociationTravail au long coursNécessité d'une phase de stabilisation préalable

Le rythme habituel est d'une séance tous les dix à quinze jours au démarrage, puis un espacement progressif. Ce délai laisse aux changements le temps de s'installer dans le quotidien. La visio facilite ce rythme : sans trajet à prévoir, un créneau de 60 minutes se cale plus facilement dans une semaine chargée, et les rendez-vous sont moins fréquemment reportés.

L'hypnose est par ailleurs rarement utilisée seule. Elle se combine avec la thérapie systémique, qui regarde la place de la difficulté dans votre système relationnel, et avec l'EMDR lorsqu'un souvenir précis reste chargé. Le choix de l'outil se fait selon votre situation, pas selon la préférence du thérapeute. Une reconstruction après une rupture, par exemple, mobilise fréquemment les trois approches, comme le montre le travail sur la perte de confiance en soi. Il en va de même pour les remaniements identitaires qui suivent une maladie grave, décrits dans ne plus se reconnaître après un cancer.

Les six repères à retenir

  • Vous restez conscient(e), vous entendez tout, et vous gardez le souvenir de la séance.
  • L'entretien occupe plus de temps que la transe lors d'un premier rendez-vous.
  • Un objectif précis compte davantage qu'une transe impressionnante.
  • En visio, votre installation remplace le cadre du cabinet : casque, siège, porte fermée.
  • Les effets se lisent dans les jours qui suivent, pas dans le ressenti immédiat.
  • Vous pouvez interrompre la séance à tout moment, sans avoir à vous justifier.

Conclusion

La plupart des personnes qui hésitent devant une première séance ne redoutent pas l'hypnose. Elles redoutent de ne pas savoir ce qui va se passer. C'est une inquiétude d'anticipation, et elle se dissout avec l'information.

Il reste ensuite le pas à franchir, celui de dire à quelqu'un ce qui ne va pas. La visio ne rend pas ce pas plus facile, mais elle en enlève les obstacles périphériques : le trajet, la salle d'attente, le regard croisé dans le couloir, la demi-journée à poser.

Une heure, un casque, une pièce fermée. Rien de plus n'est demandé pour commencer.

Questions fréquentes

L'hypnose en visio est-elle aussi efficace qu'en cabinet ?

Oui. L'hypnose repose sur la voix, l'attention et la relation, trois éléments qui ne demandent pas de présence physique. Les études comparant psychothérapie à distance et en présentiel ne montrent pas de différence significative sur les résultats cliniques ni sur la qualité de l'alliance thérapeutique. La visio ajoute l'avantage d'un environnement familier.

Est-ce que je vais dormir pendant la séance ?

Non. L'état hypnotique est un état de vigilance modifiée, distinct du sommeil, et l'imagerie cérébrale montre un fonctionnement différent. Il arrive qu'une personne très épuisée s'endorme réellement quelques instants : le thérapeute ajuste sa voix pour ramener l'attention.

Que se passe-t-il si la connexion coupe pendant la transe ?

Vous ouvrez les yeux et l'état se dissipe de lui-même, comme un endormissement léger interrompu. La procédure est convenue en début de séance : reconnexion immédiate, ou rappel téléphonique du thérapeute. Aucun risque de rester dans un état quelconque.

Faut-il croire à l'hypnose pour que cela fonctionne ?

Non. Le scepticisme n'empêche pas l'accès à l'état hypnotique. Ce qui compte davantage est l'accord à participer, c'est-à-dire accepter de fermer les yeux et de suivre les propositions pendant une vingtaine de minutes. Beaucoup de personnes sceptiques obtiennent des résultats rapidement.

Puis-je faire de l'hypnose si je prends un traitement psychotrope ?

Dans la majorité des cas, oui. Les antidépresseurs et les anxiolytiques ne constituent pas une contre-indication. Mentionnez votre traitement lors de l'entretien, car certaines molécules modifient un peu les sensations corporelles. Aucune modification de traitement ne se décide en séance : cela relève du médecin prescripteur.

Quelles sont les contre-indications ?

Les troubles psychotiques en phase active constituent la principale limite. Certains états dissociatifs demandent une approche adaptée et un cadre médical associé. La question se pose lors du premier échange, avant toute séance.

L'hypnose efface-t-elle les souvenirs douloureux ?

Non, et ce n'est pas l'objectif. Le travail vise à réduire la charge émotionnelle attachée au souvenir, de sorte qu'il puisse être évoqué sans que le corps réagisse comme si l'événement se produisait à nouveau. Le souvenir reste, sa réaction physiologique change.

De quel matériel ai-je besoin pour une séance à distance ?

Un ordinateur ou une tablette posés sur une surface stable, une connexion correcte, et un casque ou des écouteurs. Le casque est l'élément qui change le plus le confort. Ajoutez un fauteuil avec appui pour la tête, une couverture légère et un verre d'eau.

Une question sur le cadre, les tarifs ou le déroulé avant de vous décider ?

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À propos de l'autrice

Laetitia Prat est thérapeute depuis plus de vingt ans. Elle pratique la thérapie systémique, l'EMDR et l'hypnose ericksonienne, en visio, partout en France et à l'étranger. Son accompagnement s'adresse aux personnes traversant une relation difficile, un épuisement, un parcours PMA, un deuil ou une reconstruction après la maladie..

Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation avec un professionnel de santé. Si vous traversez une période de détresse, parlez-en à votre médecin traitant ou contactez le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable gratuitement 24h/24.
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